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L’État dissout Génération identitaire tout en propageant ses idées

Communiqué de l’UCL

vendredi 12 mars 2021, par UCL49

La décision prise en conseil des ministres mercredi 3 mars 2021 de dissoudre l’organisation néofasciste Génération identitaire est certes une bonne nouvelle, mais la lutte antifasciste ne se résume pas à l’opportunisme du gouvernement. Si cette annonce aura probablement pour effet de désorganiser pendant un temps le groupuscule raciste, la démonstration a été faite à de nombreuses reprises du peu d’efficacité des dissolutions des groupes d’extrême droite pour lutter contre l’acceptation et la promotion de leurs idées dans l’espace public.

Dissoudre et après ?

Ce n’est pas la première fois que l’État français dissout une organisation d’extrême droite. Génération identitaire était elle-même l’héritière d’Unité radicale, dissoute en 2002. Les exemples de carrières politiques au sein des partis de droite institutionnels ne manquent pas parmi les anciens dirigeants ou militants de groupuscules d’extrême-droite aujourd’hui dissous.

Parmi les plus connus on peut citer Patrick Devedjian, Gérard Longuet et Alain Madelin, ayant tous eu la charge d’un ministère alors qu’ils avaient fait partie du mouvement Occident (lui même issu de la dissolution de la section de Paris de la Fédération des Étudiants Nationalistes), connu comme la FÉN pour ses multiples attaques armées contre les organisations de gauche avant et pendant mai 68.

L’extrême-droite sait changer d’emballage sans jamais toucher à ses recettes. Génération identitaire n’est plus, mais ses militant·es sont toujours là et leurs idées sont bien présentes dans les discours et les actes des dirigeants de partis électoralistes.

Opportunisme et fantasme du vote barrage

Si Macron et Darmanin ont décidé d’en finir avec Génération identitaire, ce n’est pas parce que leurs idées sont dangereuses pour la démocratie bourgeoise. La proximité de Macron et de ses ministres avec les idées voire des personnalités d’extrême-droite n’est plus à démontrer [1].

Cette dissolution est belle et bien le fruit de la stratégie macronienne qui voudrait rejouer la carte du barrage à LePen. Ainsi Macron entend jouer sur les deux tableaux : lorgner sur l’électorat nationaliste et raciste en popularisant ses théories [2] et se poser en seule alternative à une victoire du RN aux élections présidentielles de 2022.

Les idées fascistes se combattent dans la rue, pas dans les salons de l’Élysée ni dans les urnes

Cette dissolution va autoriser un répit au mouvement social. Mais nous n’avons rien à attendre d’un État qui s’attaque administrativement à l’extrême droite tout en mettant en œuvre une partie de son programme.

La lutte antifasciste ne se mène pas à l’Élysée. Elle doit s’inscrire davantage dans les mouvements sociaux, pour ne pas que la bourgeoisie puisse l’instrumentaliser et donc conserver son pouvoir de domination sur la société.

Union communiste libertaire le 11 mars 2021

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[1] Voir l’article de la commission dans Alternative Libertaire n°301 Droite-extrême : Le tango mortifère de la Macronie

[2] Voir l’édito d’Alternative Libertaire n°311 Édito : Islamo-gauchisme ?